Texte libre

La bibliothèque de la Maison de l'Outil  se trouve au coeur de la ville e Troyes. Elle abrite une collection de près de 35 000 ouvrages concernant les outils, les métiers, le compagnonnage, les techniques, le monde ouvrier, les Beaux-Arts et la littérature ouvrière et paysanne.
Ouverte à tous, elle offre aux apprentis, aux amateurs, aux collectionneurs comme aux chercheurs un fonds riche traitant de plus de 1000 métiers différents. D'un livre rare et précieux comme l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (en édition original) aux livres plus récents comme le catalogue des collections de la Maison de l'Outil ou le dernier Icher, la bibliothèque émerveille par sa diversité.
Ce site lève le voile sur une partie du mystère qui se cache dans les allées, à vous de venir y découvrir vos trésors, dans le monde virtuel et, pourquoi pas, dans le réel. E.S.

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Mardi 13 mai 2008

Par Mam’selle JEANNETON, Cuisinière

Grand problème de société de notre époque : la cuisine. Plus assez de temps pour cuisiner, recettes qui se perdent, utilisation de surgelés...
C'est pourquoi dans la série des livres de cuisines présentés sur ce blog, nous avons choisi aujourd’hui de nous arrêter sur les recettes méthodologiques de mam’selle JEANNETON à l’usage des maîtresses de maison, datant très probablement du premier tiers du Xxe siècle. Dès le début de l’ouvrage, le ton est donné : l’objectif est de prodiguer des conseils de cuisines simples, compréhensibles y compris pour les moins expérimentés, pour faire « une cuisine saine et économique ». Des thématiques qui sont loin de nous être étrangère et reste toujours d’actualité aujourd’hui ! L’ouvrage est très peu illustré mais condense une somme impressionnante pour la ménagère. Il se présente sous la forme de petites notices de quelques lignes par recette. Le but étant d’instruire les plus jeunes, et de laisser aux plus expérimentés le soin de personnaliser leur plat ! L’auteur amorce donc son propos en abordant d’abord l'ensemble des ustensiles, de l’installation, puis les termes et opérations culinaires spécifiques. Les fondations de l’art culinaire étant posées, mam’selle JEANNETON s’engage à donner des recettes diverses et variées, classées par thèmes, du court bouillon aux sauces, en passant par les potages, pâtes et autres poisson ou mouton. Je passe bien sur beaucoup de thèmes, puisqu’au total ce ne sont pas moins de 878 recettes et conseils méthodologiques qui sont prodigués par l’auteur dans cet ouvrage. L’heure du repas approchant, attardons nous sur quelques recettes qui vous mettrons en appétit et établissons un petit menu type : On prendra ainsi quelques hors-d'œuvre de légumes, artichauts à la grecques ou huîtres, puis en entrée un potage , suivi d’un lapereau à l’indienne et pour finir, par exemple, avec un délicieux savarin…

Bon appétit… pour voir le reste des recettes de mam’selle JEANNETON, rendez vous à la Maison de l’Outil!

par Jérémy PIELTIN publié dans : La cuisine
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Mardi 26 février 2008
Il est de ces petits ouvrages, format poche qui, sous leur couverture de veau, vous entraîne dans des voyages insoupçonnés. 

En effectuant une recherche dans les ouvrages de cuisine, j'ai découvert un ouvrage, attribué à MENON, écrivain culinaire du 18e siècle et intitulé La cuisinière bourgeoise suivie de l'office à l'usage de tous ceux  qui se mêlent des dépenses de maisons, contenant la manière de disséquer, connoître et servir toutes sortes de viandes.

Très long titre pour un ouvrage publié dans une nouvelle édition en 1793 à Paris chez Poignée, Calixte et Volland, imprimeurs.

Cet ouvrage ressemble à nos livres de cuisine actuels. Découpés en chapitres il traite tour à tour des menus, des potages, de la dissections des viandes, du boeuf, du mouton, du veau, du cochon, de l'agneau, de la volaille, du gibier, du poisson, des légumes, des oeufs, des crèmes, des pâtisseries ou encore des conserves.

Les recettes sont expliqués simplement, avec le vocabulaire de l'époque

Une recette a retenu mon attention, je vous la livre dans son jus...!

GIGOT A LA MALLY
Il se fait en désossant le gigot, à la réserve du manche, ensuite vous faites des trous par tout le dedans sans  percer la peau, pour y mettre un salpicon fait de cette façon : coupez du lard, un peu de jambon, des champignons, des cornichons, le tout coupé en dés, assaisonnez de sel, fines épices mêlées, persil, ciboule hachée, thym, laurier, basilic en poudre, maniez le tout ensemble et le faites entrer par tout dans le gigot; ensuite vous le ficelez et le mettez dans une casserole avec un verre de bouillon et autant de vin blanc, un oignon, une carotte, un panais. Faites le cuire à petit feu, bien étouffé. Lorsqu'il est cuit, vous dégraissez la sauce et la passez au tamis, faites-la réduire sur le feu, si elle est trop longue, ajoutez-y un peu de coulis pour la lier. Servez sur le gigot. 

Une recette originale pour les fêtes de pâques et les dimanches en famille.
Bon appétit !
par Eléonore SEVILLA publié dans : La cuisine
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Mardi 11 décembre 2007
Pour réussir vos dîners de fin d'année pourquoi ne pas puiser dans les recettes de nos anciens grands cuisiniers.

J'ai choisi dans la bibliothèque un ouvrage assez rare, intitulé Le cuisinier royal ou l'art de faire la cuisine, la pâtisserie et tout ce qui concerne l'office, pour toutes les fortunes

Ecrit par VIARD et FOURET, deux hommes de bouche, cet ouvrage est conservé dans sa 11e édition publié par Barba, libraire à Paris en 1822.

L'ouvrage est une édition augmenté par le travail de M. FOURET, traiteur-restaurateur rue Saint-Honoré à Paris. Il a ajouté près de 1100 articles et 9 planches pour le service des tables de 12 à 60 couverts.

Cette édition s'achève par une notice sur les vins rédigé par M. PIERHUGUE, sommelier du roi qui dévoile la liste des "qu'un galant homme peut, sans prétention à l'érudition gastronomique, faire servir sur sa table".

Les recettes sont organisées selon leur ordre d'apparition à table et répertoriées de la sorte dans la table des matières.

Pour chaque catégorie je vous livre quelques titres de recettes...

POTAGES : à la Xavier, garbure à la Polignac, potage à la purée de coucoudrelles...
GRANDES SAUCES : bouillon de santé, grande espagnole, sauce romaine...
PETITES SAUCES : sauce à la Grimod, sauce aux truffes, beurre de Montpellier....
Du BOEUF : Queue de boeuf  à la Saint-Menehould, Côte de boeuf aux petites racines, filet mignon d'aloyau à la Godard...
Du VEAU : Tête de veau à la Tortue, Côtelettes de veau en lorgnettes, Ris de veau à la Saint-Cloud...
Du MOUTON : Emincé de gigot à la chicorée, Côtelettes à l'écarlatte, Carbonnades panées à l'anglaise...
De l'AGNEAU : Epigramme d'agneau, Blanquette d'agneau aux petits pois, Agneau en galantine...
Du COCHON : Jambon glacé, Queues de cochon à la purée, Boudin blanc...
Du SANGLIER : Côtelettes de sanglier sautées, Cuisses de sanglier...
Du GIBIER : Lièvre à la Saint-Denis, Faisan au choux, Perdreaux à l'Espagnol...
VOLAILLE : Caneton aux concombres, Poularde à la Saint-Garat, Dindon en daube...
ROTI : Quartier de sanglier, Oie, Poularde aux truffes...
Du POISSON : Turbot en croquettes, filets de saumon en baril, Matelote vierge...
De la PATISSERIE : Vol-au-vent à la Toulousaine, Biscuits aux marrons, Flan suisse...
Des CREMES : Crème à l'italienne, Crème soufflée, Diablotins...
Des GELEES : Gelée de fraises, Gelées de fleur d'orange au vin de Champagne, Charlotte russe...
Des SOUFLES : Soufflé de pain à la vanille, Soufflé au chocolat...
Des GATEAUX : Gâteau de riz, Pets de nonne...
Des ENTREMETS DE FRUITS : Chartreuse de pommes, Beignets de blanc-manger, omelette à Célestine
Des LEGUMES : Artichauts à la barigoule, Truffes à la serviette, Croûte aux champignons...
Des OEUFS : Oeufs sur le grill, Oeufs pochés à la chicorée...
Du LARD : Manière de le tailler pour piquer...
Des LEGUMES CONFITS : Haricots verts conservés pour l'hiver...
De l'OFFICE : Conserves de violette, Gâteaux de fleur d'orange soufflé, Compote d'amandes vertes, Ratafia de coings...

Voilà de quoi imaginer quelques repas de fêtes qui sortent de l'ordinaire...!!!!!!
par Eléonore SEVILLA publié dans : La cuisine
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Mardi 4 septembre 2007

Que savez vous de la pomme de terre? Si vous vous trouvez dans le même cas que moi : pas grand chose si ce n'est que c'est très bon en gratin...

Et bien Monsieur Mazéas Goulven en 1940 a écrit un ouvrage nommé Petite histoire  bretonne de la pomme de terre. Il a été imprimé à Brest à l'Imprimerie Commerciale et Administrative.

Cela peut paraître étrange d'écrire un ouvrage sur ce sujet mais, comme le rappelle l'auteur dans son introduction, la pomme de terre a été un aliment essentiel qui permettait de mettre le peuple à l'abri des disettes.
L'auteur propose dans ce livre de rétablir la vérité sur l'introduction de cet aliment sur notre continent .

La première partie est consacrée à l'historique de la pomme de terre : ses origines, son introduction en France, ses diverses appellations (on apprend par exemple que les indiens la désignait sous le nom de "Papa Lisa"). Puis, il fait le point sur "le Parmentier légendaire" : qui était il? Quel est son véritable rapport avec la pomme de terre?,... L'auteur nous parle également des récoltes et de leur conservation, du pain de pomme de terre, de la maladie, de l'arrivée des différentes variétés en France, ...

La deuxième partie aborde la question bretonne. La pomme de terre aurait été introduite en France grâce aux bretons...

Cet ouvrage se lit très facilement et il est plein d'humour. Il se termine même par une chanson nommée : Chanson composée nouvellement au sujet des patates. En voici le premier couplet :

                                                  " Si je pouvais savoir la façon, j'aurais composé
                                                   une chanson à l'éloge de la bonne chose bénie,
                                                   nommée patate, nourriture la plus commune du pays,
                                                   dont trois fois par jour, dans les maisons, on fait des repas."

Bon appétit !
par Pauline Quantinet publié dans : La cuisine
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Samedi 11 août 2007

Parce que le vin accompagne l'Homme depuis des miliers d'années, il est intéressant de se pencher sur les métiers qui lui sont liés.

C'est par l'intermédiaire d' Alban ARIBAUD et de son ouvrage Les compères de Grandgousiers, que nous allons découvrir quelques bribes de l'histoire des CRIEURS DE VINS, des HOTELIERS, des CABARETIERS,...

Cet ouvrage, paru en 1936 aux éditions Delayance débute par une introduction en vieux français. Je ne peux résister à recopier ici le premier paragraphe :

"O mes bons compaings de guobelet, frénéticques crocheteurs de potz, beuveurs de prime cuvée, mirificques devalleurs de choppines, je, dans un précédent ouvraige, ai canonicquement guerdonné la soëfve précieuse, céleste et déificque liqueur que d'aulcuns baptisent "purée setembrale, jus de la treille, eau bénite de cave", que d'autres encore moult villainement vocitent "pinard", et que vous, ioyeux compaignons de Bacchus, mes bons raillards, gentilz pilliers de tavernes, bien mélodieusement appellez "vin""!

Non, ce livre n'est pas une ôde au vin, mais bien un livre d'histoire, illustré de 18 dessins à la plume de l'auteur.

La leçon débute avec un rappel sur l'origine et le rôle des 'Confréries".

Le second chapitre aborde le cas des marchands de vin en gros, des hôtelliers, des cabaretiers et des taverniers.
Avec comme premier document historique Le livre des métiers d'Etienne BOILEAU datant de 1268, l'auteur nous retrace l'évolution de ces métiers. il s'appuie tout au long de son ouvrage sur les règlements, les licences, les ordonnances...

Il décrit ensuite le métier des crieurs de vins(chapitre3), des vendeurs de vins et courtiers(chapitre 4),des vinaigriers et moutardiers (chapitre 5), des distillateurs et limonadiers (chapitre 6).

Ensuite viennent quatre chapitres quelque peu différents.

 Le premier traite du vin dans la pharmacopée ancienne. On apprend ainsi que les "guérisseurs égyptiens ordonnaient pour calmer la colère et le chagrin, un mélange de vin, d'opium et de stramoine".

Le second évoque la vente du vin et la fraude en s'appuyant là encore sur les ordonnances royales (St louis, 1268 ou Jean, 1351).

Le troisième nous plonge dans les coutumes anciennes liées au vin. Les fêtes organisées dans chaque communauté lorsqu'un artisan était reçu maître après avoir réalisé son chef d'oeuvre étaient arrosées de vin.

Le dernier, enfin, retrace l'histoire de l'artillerye bachique depuis l'époque celtique. Tasse en terre, puis corne à boire hanap, tout est passé en revue jusqu'à la verrerie.

Nous voici donc face à un ouvrage qui traite du vin et de son univers entier. A la veille des vendanges 2007, ce petit détour dans la passé ne peut être que salutaire! 

 

par Eléonore publié dans : La cuisine
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