Texte libre

La bibliothèque de la Maison de l'Outil  se trouve au coeur de la ville e Troyes. Elle abrite une collection de près de 35 000 ouvrages concernant les outils, les métiers, le compagnonnage, les techniques, le monde ouvrier, les Beaux-Arts et la littérature ouvrière et paysanne.
Ouverte à tous, elle offre aux apprentis, aux amateurs, aux collectionneurs comme aux chercheurs un fonds riche traitant de plus de 1000 métiers différents. D'un livre rare et précieux comme l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (en édition original) aux livres plus récents comme le catalogue des collections de la Maison de l'Outil ou le dernier Icher, la bibliothèque émerveille par sa diversité.
Ce site lève le voile sur une partie du mystère qui se cache dans les allées, à vous de venir y découvrir vos trésors, dans le monde virtuel et, pourquoi pas, dans le réel. E.S.

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Jeudi 17 avril 2008

La bibliothèque de la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière reçoit régulièrement des dons de particuliers. Parmi les ouvrages dernièrement enregistrés, nous pouvons en citer un qui annonce particulièrement bien la conférence que donnera Monsieur BRIAND, jeudi 24 avril à 18h30 sur l’ «Aube agricole ».

Il s’agit d’un livre rédigé par Monsieur LEFOUR, publié à la fin du XIXe siècle à la librairie agricole et rustique et intitulé : Sol et Engrais, précédé de notions de chimie et météorologie agricole. L’auteur fut notamment inspecteur général de l’agriculture et compta déjà à son actif plusieurs ouvrages de référence traitant de la construction et mécanique ou encore de comptabilité et géométrie dans le monde agricole. Ces ouvrages sont en réalité des guides pratiques à destinateur des cultivateurs. La collection elle-mêmeintitulée La bibliothèque du cultivateur, soutenue par le ministère de l’Agriculture, est symbolique de cette volonté de formation et d'informations des profesionnels

Nous possédons le tome traitant des cultures et productions végétales.
L’auteur amorce son propos par un rappel de quelques notions de météorologie et de chimie. Il aborde notamment dans ce point des thèmes fondamentaux à connaître pour le cultivateur comme les vents, le climat puis des notions plus complexes de chimie de bases et de chimie organique.

La deuxième partie concerne les sols et leurs caractéristiques : des sols calcaires, aux sols à base de matière organique, LEFOUR offre une bonne présentation de la géologie et la répartition des sols. Toujours dans cette optique pédagogique, il propose quelques clefs pour reconnaître ces sols, via notamment des analyses mécaniques ou chimiques.

Enfin, l’ultime chapitre fournit des renseignements sur la manière d’obtenir l’optimisation de ces sols pour l’agriculture, et ceux par le biais des engrais. LEFOUR ne décrit pas tous les engrais. Il est vrai que le XIXe siècle voit l’émergence des engrais chimiques, et la première partie de l’ouvrage pourrait nous laisser penser que LEFOUR ne traiterait dans cette partie que d’engrais chimiques. Pourtant, il  ne présente ici que des techniques ancestrales  pour améliorer la productivité de la terre. On retrouve ainsi l’utilisation de la marne, potasse, cendres, sels, engrais animaux, en passant par les engrais végétaux (marcs, récoltes enfouies…) ou autres fumiers.
L’ouvrage se termine par un tableau récapitulant la richesse des engrais.

Ce livre est donc à la fois simple et original pour son époque. Il propose aux cultivateurs des moyens chimiques et logiques de comprendre la composition de leurs sols et d’optimiser leurs rendements à travers des méthodes simples et naturelles. L’ouvrage ne traite ainsi pas des engrais chimiques, pourtant émergent en cette fin de XIXe siècle. LEFOUR aura ainsi voulu consigner une somme de savoir simples et naturels, accessibles à tous et permettant un total respect de l’environnement pour des rendements très honorables.

Amateurs ou confirmés nous vous invitons à découvrir la manière de rendre plus fertile votre jardin !

Informations :
Conférence de Monsieur BRIAND, jeudi 24 avril 2008 à 18h30 sur le thème : « L’Aube agricole » à la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière.
Monsieur BRIAND, écrivain paysan, reviendra sur l’historique de la géologie des sols aubois et sur la manière dont ces sols ont été mis en valeur afin d’optimiser les rendements.
Renseignements :
Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière
7, rue la Trinité
10000 Troyes
03.25.73.28.26

par Jérémy PIELTIN publié dans : UN Livre DES livres
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Jeudi 3 avril 2008

La seconde moitié du XIXe siècle fut le berceau de débats architecturaux intenses. La parution de nombreux périodiques, comme La Gazette des architectes et du bâtiment ou encore la Revue Générale de l’Architecture, témoignent de cette dynamique. Parmi les autres éditeurs, nous pouvons relever la présence de Paul PLANAT. Cet homme, modestement connu de nos jours, fut pourtant un acteur essentiel dans la diffusion architecturale de cette époque, et ce notamment par le biais de la revue  La construction moderne , dont il fut fondateur et directeur de 1885 à 1919. On ne dénombre pas moins de 87 volumes de ce journal hebdomadaire jusqu’en 1960. La plupart des numéros parus entre 1890 et 1896 faisant partie du fonds de la Bibliothèque de la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière.

Le titre est à lui seul symbolique de la volonté affichée de toucher un public éclairé, de rendre compte et de participer activement aux débats. Le style d’écriture est fluide mais volontairement libéré voire acerbe dans ce contexte de république naissante. Pour illustration, nous citerons juste un court extrait du journal du 22 juin 1895 au sujet de l’entrée de l’art décoratif au Salon des Champs Elysées : « L’an dernier, pour la première fois, et pour tenir tête aux innovateurs du Champs de Mars, on fit un brin de démocratie aux Champs Elysées… ». Il traite donc avec une certaine dérision cette arrivée qu’il juge assez incongrue. Nous n’avons malheureusement pas le temps ici de rentrer dans le détail, mais la revue regorge de billets d’humeurs comme celui-ci, lesquels côtoient d’autres informations plus sérieuses. Pour compléter la présentation de cette revue, il faut bien entendu parler de la centaine de planches qui viennent agrémenter chaque année les volumes de la revue. Celles-ci sont d’une qualité très honorable et témoignent une fois de plus d’un investissement financier colossal de la part de PLANAT et de ses successeurs dans la promotion de l’architecture.

On ne peut cependant pas résumer la carrière de Paul PLANAT à cette seule Revue, aussi importante soit-elle. Outre un ouvrage sur les théories du ciment intitulé Recherches sur la théorie des ciments armés (Paris, Aulanier, 1895), notre bibliothèque recense une somme importante de savoir rédigée par PLANAT : L’art de bâtir paru en cinq volumes dans la collection Cours de Construction Civile, à la Librairie de La Construction moderne. Loin de vouloir faire ici une étude exhaustive de l’ouvrage, nous vous proposons de vous faire découvrir les thèmes abordés successivement dans chaque volume :
         1. Matériaux de construction, Fondations
         2. Principes de statistiques, murs ordinaires, mûrs de soutènement, mûrs de réservoirs
         3. Voûtes en maçonnerie, voûtes d’église, tours et beffrois, béton armé
        4. Charpentes der et bois, application aux éléments de construction, planchers, passerelles, fermes en bois
        5. Fermes métalliques, chauffage et ventilation, éclairage, électricité, hydraulique, assainissement, hygiène.

L’ensemble de l’œuvre, très construite, est constitué de textes explicatifs ponctués de formules mathématiques et schémas permettant une intelligibilité de l’ensemble.
Paul PLANAT voulant accéder à un objectif précis : « résoudre les problèmes, souvent très délicats, que pose la nécessité de construire ».

Nous vous invitons donc à venir découvrir à la bibliothèque l’œuvre de Paul PLANAT, acteur de la diffusion architecturale dans la seconde moitié du XIXe siècle. Outre le personnage en lui-même, son œuvre nous offre des enseignements sur les principes de construction, la vie et les débats de l’époque, et enfin sur la conquête d’une liberté de la presse naissante.

De quoi se bâtir une solide connaissance du XIXe siècle !

par Jérémy PIELTIN publié dans : UN Livre DES livres
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Lundi 31 mars 2008

Pour la 4ème année consécutive, la Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière va accueillir dans sa cour un jardin médiéval conçu par le service Espace Vert de la ville de Troyes. Cette année les plantes tannantes et textiles seront à l'honneur.
 
Avant de nous intéresser à ces plantes qui vont orner la cour, il faut s'attarder sur le travail des jardinier de la ville effectué en amont. Les plantes et les arbres nécessitent des soins et avant tout
les jardiniers ont besoins de les multiplier pour pouvoir les présenter dans notre jardin; voilà tout l'enjeu du travail du pépiniériste.

"La pépinière c'est l'école de la Plante, c'est en quelque sorte la nourrice des végétaux, le laboratoire où semences, greffes et boutures trouvent la vie et la protection du premier âge." Charles BALTET

Pour connaître tous les secrets du pépiniériste on peut étudier l'ouvrage de Charles BALTET, horticulteur, intitutlé La pépinière fruitière, forestière, arbusive, vigneronne et coloniale, ouvrage publié à Paris, par Masson et Cie, en 1903.

Ce livre a pour but d'expliquer aux novices comment créer une pépinière et les méthodes à suivre pour la développer et la faire prospérer. Ponctué de gravures et de photos en noir et blanc, ce "guide" pratique et technique se découpe en trois parties: 
       1.Organisation, installations et exploitation de la pépinière
       2.Procédés de multiplication des végétaux ligneux
       3.Arbres, arbrisseaux et arbustes d'utilité ou d'ornement multipliés et élevés en pépinière

Dans la première partie l'auteur explique aux lecteurs comment créer une pépinière et comment la développer et l'entretenir. Il faut un terrain avec "des facilités d'arrosage", "proche d'une ville d'une station de chemin de fer ou d'une route" pour "le va-et-vient du personnel et les moyens de transport des marchandises."
Il détaille chaque étape du travail du pépiniériste, la disposition des plants, la largeurs des allées, la mise en pépinière des jeunes plants, l'entretien quotidien (labourage, paillis, arrosage...). Il développe également la formation des jeunes arbres et arbustes, la culture des arbres formés et la multiplication sous verre.

La seconde partie s'intéresse aux différents procédés de multiplication des végétaux ligneux : le semis, le marcottage qui "a pour but de procréer de nouveaux individus en les empruntant à un arbre", le bouturage qui "a pour but de transformer en végétal complet une de ses parties" et enfin le greffage, "opération qui consiste à souder un végétal ou une portion de ce végétal à un autre qui deviendra son support."

La dernière partie est de loin la plus longue avec 489 pages sur les 824 pages de l'ouvrage. Charles BALTET s'est appliqué à "examiner l'application des procédés de multiplication à l'élevage en pépinière des principaux arbres, arbrisseaux et arbustes". Il y étudie les "espèces qui se sont acclimatées ou naturalisées en France, en Algérie, en Tunisie, en Indo-Chine et aux colonies." Classées par ordre alphabétique, chaque espèce est sommairement décrite puis toutes les méthodes de multiplications sont détaillées. De l'Abélie au  Zamia, en passant par le Février, le Houx, le Figuier, le Marronnier, le Palmier ou encore le Plaqueminier, Charles BALTET a traité les principaux arbres et arbustes connus.

Pour tous les amateurs, les jardiniers, les curieux, les botanistes...les explications sont simples et accéssibles et le tour du monde garanti.

par Eléonore SEVILLA publié dans : UN Livre DES livres
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Mercredi 16 janvier 2008

Que tous les amateurs de miel se retrouvent ici autour d'un ouvrage publié vers 1895 consacré à la conduite des abeilles et écrit par Georges de LAYENS. Les apiculteurs, amateurs et professionnels connaissent le nom de Gerges de LAYENS car il a inventé une ruche, à la fin du 19e siècle. Cette ruche "dite de Layens" est une ruche horizontale qui existe encore de nos jours.

Mais Georges de Layens est également connu pour ses publications, notamment son ouvrage intitulé Cours complet d'apiculture écrit en collaboration avec Gaston BONNIER.

La bibliothèque de la Maison de l'Outil conserve un autre livre, intitulé Le rucher illustré et publié vers 1895

Dans cet ouvrage l'auteur n'a pas souhaiter proposer aux lecteurs un manuel des règles à suivre. Il prend le contre-pied en présentant les principales erreurs à éviter. Il relève 67 "fautes" qui peuvent être commises par les débutant et offre les solutions à tous ces faux-pas. 

Pour rendre son propos plus pédagogique, l'ouvrage présente 41 planches hors texte et 13 planches insérées dans le textes. Pour chacune l'auteur a pris soin de décrire le plus exactement possible le travail de l'apiculteur.

Divisé en 5 chapitre ce Rucher illustré permet d'appréhender toutes les étapes du travail de l'apiculteur : 


1- Achat et le transport des ruches et des essaims
2- Transvasement des essaims
3- Visite des ruches
4- Récolte, pillage essaimage artificiel
5- Nourrissement des abeilles, hivernage, fabrication de la cire  


Pour vous donner une idée du contenu de ce livre voici un exemple d'erreur à ne pas commettre

"On a acheté des ruches de trop petite capacité (15 ou 20 litres)
Les ruches trop petites ne donneront jamais que de petits essaims sans valeur. Si l'on désire des essaims naturels ou artificiels, on devra, dès le printemps, les agrandir en y ajoutant une hausse d'un volume suffisant pour double leur capacité.
On peut aussi placer la petite colonie sur une ruche à cadres et, les abeilles manquant de place, s'établiront dans la ruche à cadres nouvelles. "

Pour compléter son discours l'auteur a accompagné chaque gravure d'une description qui explique les différentes missions de l'apiculture.

Pour tous les amateurs et pour ceux qui se sont toujours demandé comment est fabriqué le miel qu'ils tartinent, voici un livre pédagogique écrit par l'un des plus grand théoricien de ce sujet.

 

par Eléonore SEVILLA publié dans : UN Livre DES livres
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Lundi 10 décembre 2007

Dans cette effervescence qui précède noël chacun cherche le cadeau idéal pour ses enfants, ses neveux, ses filleuls ou ses voisins.

Il existe plusieurs solution pour choisir : l'étude de la très sérieuse lettre au Père Noël, le choix du jeu pédagogique, celui du jeux bruyant pour plaire aux parents...

Gustave DEMOULIN dans son ouvrage intitulé Les jouets d'enfants à trouvé une autre solution. Alors qu'il cherche des idées de cadeaux pour ses neveux Pierre, Georges et Paulin et pour sa nièce Thérèse, il a alors l'idée de leur faire visiter un atelier hors du commun. 

Situé dans un hôtel du 17e siècle dans le quartier du Temple à Paris, l'atelier de Monsieur Juvatte ressemble à une ruche.

A droite, en haut du perron, "on rencontre des établis munis de leurs varlopes, de leurs varlets, de leurs bouvets, de leurs étaux à bois, de leurs ciseaux, de leurs gouges" qui laissent deviner le travail du menuisier et de l'ébéniste.

"Plus loin se trouve un atelier de serrurerie avec forges, limes, marteaux..." D'autres salles sont réservées aux tissus et galons en tous genres. Et dans le grand salon, on retrouve le "magasin" que Monsieur Juvatte appelle son "musée" où s'amoncellent  "tous les jouets capables de satisfaire les fantaisies capricieuses du monde enfantin".

L'ouvrage ne nous présente pas les jouets sous forme d'un dictionnaire ou par famille. L'auteur nous entraîne dans un visite, au sens propre du terme, de ce "musée". Il fait découvrir aux neveux du narrateur ses jouets en leur expliquant les différents mécanismes et systèmes de fonctionnement.

On découvre ainsi que le culbuteur fonctionne grâce au centre de gravité et au secret de l'équilibre. La toupie et le gyroscope permettent l'étude de la force centrifuge. Puis vient le tour des cerfs volent, des locomotives, des automobiles, des kaléidoscopes, des poupées parlantes, des spirifères, etc.


Ecrit pour expliquer aux enfants les principes de fonctionnement des jouets de leur époque cet ouvrage permet au plus anciens de retrouver quelques modèles des jouets qui ont peuplés leur enfance et qui sont ici représentés en gravures.

DEMOULIN, Gustave, Les jouets d'enfants, Paris, collection "Bibliothèque des écoles et des familles", Librairie Hachette et Cie, 1882.

par Eléonore SEVILLA publié dans : UN Livre DES livres
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