

La bibliothèque de la Maison de l'Outil se trouve au coeur de la
ville e Troyes. Elle abrite une collection de
près de 35 000 ouvrages concernant les outils, les métiers, le compagnonnage, les techniques, le monde ouvrier, les Beaux-Arts et la littérature ouvrière et paysanne.
Ouverte à tous, elle offre aux apprentis, aux amateurs, aux collectionneurs comme aux chercheurs un fonds riche traitant de plus de 1000 métiers différents. D'un livre rare et précieux comme
l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (en édition original) aux livres plus récents comme le catalogue des collections de la Maison de l'Outil ou le dernier Icher, la bibliothèque émerveille
par sa diversité.
Ce site lève le voile sur une partie du mystère qui se cache dans les allées, à vous de venir y découvrir vos trésors, dans le monde virtuel et, pourquoi pas, dans le réel.
E.S.
| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
La seconde moitié du XIXe siècle fut le berceau de débats architecturaux intenses. La parution de nombreux périodiques, comme La Gazette des architectes et du bâtiment ou encore la Revue Générale de l’Architecture, témoignent de cette dynamique. Parmi les autres éditeurs, nous pouvons relever la présence de
Paul PLANAT. Cet homme, modestement connu de nos jours, fut pourtant un acteur essentiel dans la diffusion architecturale de
cette époque, et ce notamment par le biais de la revue La construction
moderne , dont il fut fondateur et directeur de 1885 à 1919. On ne dénombre pas moins de 87 volumes de ce journal hebdomadaire jusqu’en 1960. La plupart
des numéros parus entre 1890 et 1896 faisant partie du fonds de la Bibliothèque de la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière.
Le titre est à lui seul symbolique de la volonté affichée de toucher un public éclairé, de rendre compte et de participer activement aux débats. Le style d’écriture est fluide mais volontairement
libéré voire acerbe dans ce contexte de république naissante. Pour illustration, nous citerons juste un court extrait du journal du 22 juin 1895 au sujet de l’entrée de l’art décoratif au Salon
des Champs Elysées : « L’an dernier, pour la première fois, et pour tenir tête aux innovateurs du Champs de Mars, on fit un brin de démocratie aux Champs
Elysées… ». Il traite donc avec une certaine dérision cette arrivée qu’il juge assez incongrue. Nous n’avons malheureusement pas le temps ici de rentrer dans le détail, mais la revue
regorge de billets d’humeurs comme celui-ci, lesquels côtoient d’autres informations plus sérieuses. Pour compléter la présentation de cette revue, il faut bien entendu parler de la
centaine de planches qui viennent agrémenter chaque année les volumes de la revue. Celles-ci sont d’une qualité très honorable et témoignent une fois de plus d’un investissement
financier colossal de la part de PLANAT et de ses successeurs dans la promotion de l’architecture.
On ne peut cependant pas résumer la carrière de Paul PLANAT à cette seule Revue, aussi importante soit-elle. Outre un ouvrage sur les
théories du ciment intitulé Recherches sur la théorie des ciments armés (Paris, Aulanier,
1895), notre bibliothèque recense une somme importante de savoir rédigée par PLANAT : L’art de
bâtir paru en cinq volumes dans la collection Cours de Construction Civile, à la Librairie de La Construction moderne. Loin de vouloir faire ici une étude
exhaustive de l’ouvrage, nous vous proposons de vous faire découvrir les thèmes abordés successivement dans chaque volume :
1. Matériaux de construction, Fondations
2. Principes de statistiques, murs ordinaires, mûrs de soutènement, mûrs de réservoirs
3. Voûtes en maçonnerie, voûtes d’église, tours et beffrois, béton armé
4. Charpentes der et bois, application aux éléments de construction, planchers, passerelles, fermes en bois
5. Fermes métalliques, chauffage et ventilation, éclairage, électricité, hydraulique, assainissement, hygiène.
L’ensemble de l’œuvre, très construite, est constitué de textes explicatifs ponctués de formules mathématiques et schémas permettant une intelligibilité de
l’ensemble.
Paul PLANAT voulant accéder à un objectif précis : « résoudre les problèmes, souvent très délicats, que pose la nécessité de construire ».
Nous vous invitons donc à venir découvrir à la bibliothèque l’œuvre de Paul PLANAT, acteur de la diffusion architecturale dans la
seconde moitié du XIXe siècle. Outre le personnage en lui-même, son œuvre nous offre des enseignements sur les principes de construction, la vie et les débats de l’époque, et enfin sur
la conquête d’une liberté de la presse naissante.
De quoi se bâtir une solide connaissance du XIXe siècle !