Parce que le vin accompagne l'Homme depuis des miliers d'années, il est intéressant de se pencher sur les métiers qui lui sont liés.
C'est par l'intermédiaire d' Alban ARIBAUD et de son ouvrage Les compères de Grandgousiers, que nous allons découvrir quelques bribes de l'histoire des CRIEURS DE VINS, des HOTELIERS, des CABARETIERS,...
Cet ouvrage, paru en 1936 aux éditions Delayance débute par une introduction en vieux français. Je ne peux résister à recopier ici le premier paragraphe :
"O mes bons compaings de guobelet, frénéticques crocheteurs de potz, beuveurs de prime cuvée, mirificques devalleurs de choppines, je, dans un précédent ouvraige, ai canonicquement guerdonné la soëfve précieuse, céleste et déificque liqueur que d'aulcuns baptisent "purée setembrale, jus de la treille, eau bénite de cave", que d'autres encore moult villainement vocitent "pinard", et que vous, ioyeux compaignons de Bacchus, mes bons raillards, gentilz pilliers de tavernes, bien mélodieusement appellez "vin""!
Non, ce livre n'est pas une ôde au vin, mais bien un livre d'histoire, illustré de 18 dessins à la plume de l'auteur.
La leçon débute avec un rappel sur l'origine et le rôle des 'Confréries".
Le second chapitre aborde le cas des marchands de vin en gros, des hôtelliers, des cabaretiers et des taverniers.
Avec comme premier document historique Le livre des métiers d'Etienne BOILEAU datant de 1268, l'auteur nous retrace l'évolution de ces métiers. il s'appuie tout au long de son ouvrage sur les règlements, les licences, les ordonnances...
Il décrit ensuite le métier des crieurs de vins(chapitre3), des vendeurs de vins et courtiers(chapitre 4),des vinaigriers et moutardiers (chapitre 5), des distillateurs et limonadiers (chapitre 6).
Ensuite viennent quatre chapitres quelque peu différents.
Le premier traite du vin dans la pharmacopée ancienne. On apprend ainsi que les "guérisseurs égyptiens ordonnaient pour calmer la colère et le chagrin, un mélange de vin, d'opium et de stramoine".
Le second évoque la vente du vin et la fraude en s'appuyant là encore sur les ordonnances royales (St louis, 1268 ou Jean, 1351).
Le troisième nous plonge dans les coutumes anciennes liées au vin. Les fêtes organisées dans chaque communauté lorsqu'un artisan était reçu maître après avoir réalisé son chef d'oeuvre étaient arrosées de vin.
Le dernier, enfin, retrace l'histoire de l'artillerye bachique depuis l'époque celtique. Tasse en terre, puis corne à boire hanap, tout est passé en revue jusqu'à la verrerie.
Nous voici donc face à un ouvrage qui traite du vin et de son univers entier. A la veille des vendanges 2007, ce petit détour dans la passé ne peut être que salutaire!