Texte libre

La bibliothèque de la Maison de l'Outil  se trouve au coeur de la ville e Troyes. Elle abrite une collection de près de 35 000 ouvrages concernant les outils, les métiers, le compagnonnage, les techniques, le monde ouvrier, les Beaux-Arts et la littérature ouvrière et paysanne.
Ouverte à tous, elle offre aux apprentis, aux amateurs, aux collectionneurs comme aux chercheurs un fonds riche traitant de plus de 1000 métiers différents. D'un livre rare et précieux comme l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (en édition original) aux livres plus récents comme le catalogue des collections de la Maison de l'Outil ou le dernier Icher, la bibliothèque émerveille par sa diversité.
Ce site lève le voile sur une partie du mystère qui se cache dans les allées, à vous de venir y découvrir vos trésors, dans le monde virtuel et, pourquoi pas, dans le réel. E.S.

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Jeudi 9 août 2007

Vraisemblablement inventées en orient, les cartes à jouer sont pour nous aujourd'hui placées au rang d'objets superflus du fait de leur banalité et de leur...inutilité. Pourtant, ces petites feuilles cartonnées ont leur histoire.

Dans A history of playing cards, de 1966, Catherine Perry HARGRAVE nous explique comment sont apparues les cartes en Chine, en Russie, en Italie,...et ce qu'elles ont de spécifique dans chaques pays.

On apprends par exemple que c'est en Chine que sont nées les cartes et que les différents jeux que l'on connait aujourd'hui en France, dérivent tous plus ou moins de la Chine du 12ème siècle.

L'auteur explique aussi que les cartes à jouer pourraient etre arrivées en Europe grâce aux diseuses de bonne aventure nomades venues d'Inde;

Et c'est en France que commence l'histoire européenne des cartes à jouer puisque c'est sous Charles VI que l'on en retrouve la première mention, dans le registre de la chambre des comptes de 1392.

A travers les différents chapitres, nous découvrons des cartes de nombreux pays (avec plus de 1400 photos et gravures pour illustrer), mais aussi des jeux propres aux époques et aux pays (on y retrouve par exemple notre fameux tarot...)

Vous pourrez également consulter à la bibliothèque des ouvrages plus spécifiques comme Les cartes à jouer lyonnaises de M.H.-R. D' ALLEMAGNE de 1906, où l'on nous dit qu'il y avait beaucoup de cartiers à Lyon dès le XVème siècle (et oui, c'est le nom donné à l'ouvrier qui conçoit les cartes à jouer, à ne pas confondre avec la fameuse marque de luxe...) et que leurs cartes étaient renommées en France et même à l'étranger!

Pour les amoureux du fameux tarot de Marseille, la bibliothèque possède un catalogue d'exposition d'octobre 1974 à mars 1975 au musée du Vieux-Marseille, sur le tarot marseillais, par la donation Carrain et Cie. Avec des illustrations en couleur, cet ouvrage retrace l'histoire des cartes à jouer et leur fabrication et axe plus particulièrement sur le tarot.

Pour ceux qui veulent aller plus loin et qui se demandent comment étaient fabriqués les cartes, il faut consulter Le Manuel du cartonnier, du cartier et du fabricant de cartonnages paru chez Roret dans la collection de la librairie encyclopédique. La bibliothèque en possède trois : deux écrits par Monsieur LEBRUN datant de 1830 et 1845 et le dernier de 1903, écrit par Monsieur PETIT. Ces ouvrages retracent eux aussi l'historique de la carte à jouer dans les troisièmes parties (les deux premières étant consacrées aux cartons et aux cartonnages), puis les auteurs nous expliquent toutes les procédures pour la fabrication à la main et la fabrication mécanique des cartes.

Le livre de Hargrave, pour les courageux qui veulent travailler leur anglais, n'est pas isolé car la bibliothèque possède près de 275 ouvrages en langue anglaise qui abordent des sujets divers et variés.  

par Pauline Quantinet publié dans : UN Livre DES livres
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Jeudi 9 août 2007

L'art du charron est un de ceux dont l'utilité est la plus manifeste. dès que la société s'est sédentarisée, elle a eu besoin de charrons pour fabriquer des charrues, des herses puis des véhicules pour transporter des marchandises et des hommes.

Dans tous les villages, même les plus petits, on trouvait, un charron, souvent installer non loin du maréchal-ferrant qui répondait aux demandes des habitants.

Mais qu'est-ce que le charronnage? Que faisait le charron?

En voici un petit aperçu puisé dans différents ouvrages de la bibliothèque de la Maison de l'Outil.

DIDEROT et d'ALEMBERT dans leur Encyclopédie nous donnent cette définition : "Le charron est l'ouvrier autorisé à faire, à vendre, et à faire exécuter tout l'ouvrage en bois qui entre dans les grosses voitures et leur attirail."

Au 19e siècle, dans le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse on trouve une première variante : "charron : ouvrier qui fait des charrettes, des chariots, et dans les autres voitures, les roues, les brancards et tout ce qui constitue la carcasse."
On comprend alors que le métier de charron est d'hors et déjà attaché au métier de carrossier dans la fabrication des carrosses et des voitures.

Quelques années plus tard, l'édition du Larousse du 20e siècle épure son commentaire : "Charron : Ouvrier qui fait des voitures de charroi (le travail ordinaire du charron comporte le corps de la voiture, avec les brancards, le timon, etc. et les roues qui exigent des soins particuliers)."

En 1833, LEBRUN nous dote d'un Manuel du charron et du carrossier sous-titré L'art de fabriquer toute sortes de voitures. Paru chez Roret dans la collection de la Librairie encyclopédique, ce manuel en 2 tomes, l'un consacré au charron, l'autre au carrossier.

Le charron, d'après LEBRUN, "construit dans leur totalité les voitures destinées à transporter des fardeaux et réalise, pour les voitures servant à transporter des hommes, tout ce qui tient à la rotation et au support des voitures."
Le volume consacré au charron se divise en 3 parties : les généralités, les applications et le perfectionnement. On y trouve tous les détails sur la largeur des jantes, les freins, les roues à voussoires, le perfectionnement de la rotation, etc.

Il est également doté de 4 planches très détaillées sur la fabrication des roues et des structures de voitures. Enfin, il se termine par un vocabulaire des termes techniques propres au charron. On trouve ainsi les définitions d'ALILADE (règle du charron pour les roue), de BANDAGE (cercle de fer qui garnissent le cercle de la roue) ou de COQUILLE (planche sculptée qui tire son nom de sa forme particulière : elle a pour but d'appuyer les pieds du cocher), etc.

Tous les ouvrages nous livrent les mêmes conclusions quant au choix des bois. Le charron utilise de l'orme, du frêne, du chêne, de l'érable, du hêtre et du charme.

L'Encyclopédie de DIDEROT et d'ALEMBERT, elle nous dévoile d'autres aspects du métier. On y apprend, entre autre, que c'est Louis XII qui a donné aux charrons leurs premiers statuts et qui les a érigé en corps de jurande par lettre patente du 15 octobre 1498.

Voici un métier qui perd un peu de son mystère pour se dévoiler. Pour en savoir plus, rendez-vous à la bibliothèque....

par Eléonore publié dans : UN Livre DES livres
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Samedi 4 août 2007

La bibliothèque regorge d'ouvrages traitant des métiers d'un point de vu technique, économique, sociale ou encore historique.

Mais on  découvre dans ce fonds des livres plus étonnant  qui s'attachent à nous faire découvrir "les histoires familières" de ces mêmes métiers.

Pour sentir des sentiers battus et se plonger dans les "petites histoires" de ces professions alors venez consulter l'ouvrage de Paul SEBILLOT, intitulé Légendes et curiosités des métiers.

Publié en 1894 par Ernest Flammarion ce recueil de textes nous décrit les superstitions, les contes, les proverbes, les coutumes, les moeurs et les anecdotes typiques de 33 métiers allant de du meuniers à l'imprimeur en passant par le maçon, le cordier, la fileuse ou le charron.

L'auteur après avoir longuement étudié les traditions populaire c'est aperçu que le monde ouvrier n'avait jamais été étudié du point de vue de ses coutumes, de ses traditions propres. A son époque, le monde paysan est au coeur de toutes les recherches. Le monde ouvriers semble trop secret, trop compliqué et certainement pas aussi atypique. Et pourtant!

Paul SEBILLOT écrit cet ouvrage pour conserver la mémoire des légendes et des contes qui entourent les métiers et qui en font leurs richesses. A l'heure de l'industrialisation, chaque profession évolue et le monde du travail urbain s'uniformise, abandonnant peu à peu tout ce qui a fait la singularité de chaque métier.

Voici un ouvrage très bien documenté et qui à la grande richesse de proposer aux lecteurs une bibliographie détaillée pour chaque métier étudié.

En avant goût, quelques exemples de ce que l'on découvre en feuilletant ce livre:

  • En Champagne les pâtissiers qui avaient leurs étaux à Troyes fournissaient au bourreau, chaque samedi de carême, deux maillées d'échaudés.
  • Les fileuses en Ecosse craignaient l'influence du mauvais oeil. En Sicile, la femme du peuple qui file, elle, voit avec plaisir le fil s'entortiller autour du fuseau; c'est le présage que son mari va revenir avec de l'argent.
  • Au 16e siècle, les tailleurs de pierre, fils de maître Jacques, étaient surnommés "loups-garoux". a la même époque, à Troyes, les serruriers étaient connus sous le surnom de "gueule noire".

Pour découvrir le nom des Saints Patrons, les contes venus de nombreux pays d'Europe référez-vous à ce livre qui, en plus, contient 220 gravures.

par Eléonore publié dans : UN Livre DES livres
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Jeudi 2 août 2007

Il existe des légendes dans tous les domaines, la serrurerie ne fait pas exception.

Un nom suffit à éveiller la curiosité des collectionneurs, des amateurs et des professionnels de la serrurerie : la serrure de Marseille.

Cette serrure était à l'honneur en mai lors du 53ème congrès des compagnons serruriers et elle l'est à nouveau à la Maison de l'Outil. En effet, dans un ouvrage nous avons retrouvé une photographie de cette serrure au destin incroyable...

Marseille 1807
Les compagnons serruriers du Devoir et les compagnons serruriers Gavots s'affrontent pour obtenir le monopole de la ville de Marseille. Il n'était pas facile de placer les aspirants des deux groupes sur la seule ville de Marseille ce qui provoquait de vives tensions.

Afin de régler ce conflit, les Devoirs et les Gavots ont décidé de se lancer dans un concours pour "jouer la ville". Les deux parties ont désigné un champion pour relever le défi et ainsi réaliser une pièce correspondante à un cahier des charges précis, vérifié et validé par un notaire et un huissier.

Pour les Compagnons du Devoir c'est Ange BONIN dit Ange le Dauphiné qui est choisi et c'est Claude RAMEL dit Lyonnais qui s'oppose à lui pour les Gavots.

Après plus d'un an de travail, la serrure d'Ange le Dauphiné est achevée quand celle de son adversaire n'est pas aboutie. La victoire revient aux Compagnons du Devoir et très vite cette serrure  dite de la "Légion d'Honneur" acquière une grande notoriété.

La serrure reste la propriété des Compagnons du Devoir jusqu'en 1899. A cette époque, il n'y a plus de serrurier à Marseille et afin que la serrure reste à Marseille, elle est mise en dépôt au Muée Boréy.

Elle a été exposée lors de l'Exposition Universelle Internationale de Paris en 1900 puis lors de la Grande semaine à Tours en 1938 et enfin , en 1941, à la Foire de Lyon.

Depuis, ce chef-d'oeuvre a disparu. Plusieurs théories ont été évoquées quant à sa disparition mais aucune ne semble exacte. On peut penser que ce trésor national est conservé par des privés qui la soustraient au grand public.

Si vous voulez avoir une idée de ce à quoi ressemblait cette serrure dite "de la légion d'Honneur" ou "de Marseille" alors venez consulter le Musée rétrospectif de la classe 65 à l'Exposition Universelle Intenationale de Paris en 1900. Dans ce rapport consacré aux applications usuelles du métal et rédigé par Pierre Larivière on retrouve , page 25, une photo de cette serrure avec toutes ses clefs.

Amis serruriers, à bientôt !

(Merci à Laurent BASTARD pour toutes ces informations consernant la Serrure de Marseille)

 

par Eléonore publié dans : bibliothequemaisondeloutil
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Mercredi 1 août 2007

Bonjour à tous,

A l'heure ou certains vont redécouvrir le charme des vacances moi je fais mon retour. Après une année de soin me voici enfin opérationnelle.

La bibliothèque réouvre donc ses portes à tous les lecteurs et tous les curieux aux horaires habituels : 10h-13h et 14h-17h à compter d'aujourd'hui.

 Pour toute recherche pensez à me prévenir et à prendre rendez-vous. Je vous attends nombreux.

Eléonore

par Eléonore publié dans : Infos pratiques
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