Une fois n’est pas coutume je ne vais pas me contenter de présenter un livre mais quatre traitant tous de l’ardoise et de son histoire et de ses
techniques.
La France possède cinq bassins de production d’ardoise : Massif d’Armorique (autour de Trélazé), le massif Ardennais (autour de
Fumay), le massif Alpin (en Savoie), le massif Pyrénéen et le massif Central (en Corrèze).
Historiquement, l’ardoise est utilisé pour couvrir les toitures dès le 6e siècle. Son utilisation s’intensifie au 11e siècle
dans la région angevine. Ce n’est qu’au 13e siècle, grâce à des méthodes de débitage plus précises que l’ardoisier réussi à produire des ardoise fines qui sont alors réservées aux châteaux et aux monuments religieux.
Pour étudier de manière générale le monde de l’ardoise, on peut débuter ses recherches avec l’ouvrage d’Alain NOYER DE MELQUE, intitulé L’industrie ardoisière en France. Dans ce livre de 1934, publié à Paris par Les presses modernes, l’auteur souhaite
" définir cette industrie, décrire ses gisements et son exploitation, ébaucher son histoire, caractériser son marché et son rôle économique ".
Il découpe son propos en 6 chapitres qui nous dévoilent toutes les facettes de cette industrie. On y apprend que les " gisement les plus riches du monde son
certainement ceux du Pays de Galles " où l’ardoise est généralement rouge ou pourpre. " C’est ensuite la France puis les Etats-Unis qui possèdent les gisements les plus importants.
En France, la région Angevine produisait, en 1932, 138000 tonnes d’ardoise soit près des trois quarts de la production française loin devant les exploitations des Ardennes de Bretagne ou de
Corrèze.
Si l’utilisation de l’ardoise ne semble attesté au Pays de Galles qu’au 12e siècle, certaines dalles funéraires du 6e siècle montrent que son
exploitation était connue à Angers à cette époque reculée. L’auteur nous explique également l’histoire des techniques d’extraction ainsi que
celle de la main d’œuvre liée à ce travail. On y apprend par exemple que l’apprentissage débutait à 12 ans et se terminait par un examen qui permettait à l’apprenti
de d’obtenir son certificat d’aptitude professionnelle de fendeur.
L’auteur nous explique les différents types d’ardoise comme le modèle flamand, les cartelettes, les anglaises, les modèles carrés, les grands modèles,
etc. Enfin, l’ouvrage se termine par deux chapitres traitant de la situation du marché de l’ardoise entre 1900 et 1930 et de l’avenir de l’ardoise et des différents types de toitures existants.
Grâce à cet ouvrage nous connaissons à présent les grandes lignes de l’histoire de cette industrie d’un point de vue technique, humain et
commercial. Pour aller plus loin dans l’histoire de ce matériau, on peut consulter deux ouvrages régionalistes, l’un sur la Bretagne l’autre sur la région angevine.
Pour découvrir l’histoire des ardoisières de Bretagne et leurs situations en 1935 il faut s’intéresser à l’industrie ardoisière de Basse-Bretagne de Louis CHAUMEIL imprimé à Lorient à l’imprimerie Nouvelliste du Morbihan en
1935. L’auteur y découpe son texte pour décrire l’historique des ardoisières de Bretagne, la situation en 1935, les techniques
d’exploitation, la population ardoisière et la production ardoisière. L’auteur met l’accent sur les conditions de travail et de vie des
ouvriers de cette industrie.
Le second ouvrage est celui de Monsieur Blavier, intitulé Essai sur l’industrie ardoisière
d’Angers. Plus ancien que le précédant car publié en 1863 à Angers à l’imprimerie de Cosnier et Lachèse, cet essai demeure aussi
intéressant. L’auteur articule son étude autour de trois points de vue : la technique, la classe ouvrière et l’industrie et le commerce. Il
compare les techniques angevines avec celles de la Mayenne et celles du Pays de Galles. Enfin il termine en décrivant les améliorations qui
selon lui sont nécessaires comme par exemple la fusion des 6 ardoisières angevines en une seule société.
Un dernier ouvrage a attiré mon attention, celui du docteur André FEIL. Intitulé Le travail de l’ardoise et la
pathologie professionnelle de l’ardoisier, ce livre propose à tous les médecins un étude documentaire sur les maladies liées à l’industrie
ardoisière. Publié en 1935 par la librairie Le François à Paris cet ouvrage nous offre un second point de vue sur les ardoisières et complète
les écrits de NOYER DE MELQUE. Après une première partie explicitant les techniques d’extraction et de taille de l’ardoise, l’auteur décrit les pathologies des ardoisiers
avec les maladies des poumons, les problèmes articulaires, les accidents de travail et enfin l’hygiène industrielle et les œuvres sociales qui intéressent les 6000 ouvriers de ce secteur.
" Ce n'est ni dans les livres ni sans eux que l'on apprend son métier " a dit Paul FELLER et c’est bien vrai. Pour comprendre le travail
des ardoisier il ne faut pas seulement se référer aux manuels et autres ouvrages explicatifs mais s’intéresser à tous les écrits qui décrivent les techniques et la vie des ouvriers. Avec les
quatre ouvrages décrit ci-dessus on obtient un panorama de l’industrie ardoisière de la fin du 19e et du début du 20e siècle sans pour autant avoir fait le tour de la
question.
Pour en savoir plus on peut aussi lire les textes écrits par les ouvriers eux-mêmes ou encore parcourir les catalogues d’outillages et les ouvrages techniques qui nous offrent d’autres
informations pour mieux comprendre qui étaient les ardoisiers.